© Clara Ferrand Wild road & Vanessa Martin Cashpistache
ExpérienceWeek‑end dépaysant à Fougères

Week‑end dépaysant à Fougères

La promesse a de quoi surprendre : Fougères, un pays qui dépayse ? La Haute Bretagne a longtemps incarné un lieu de passage. Elle en a gardé de nombreuses influences. Bienvenue en pays de Fougères, terre aux multiples facettes.

Chevaliers sur les remparts du Château de FougèresChevaliers sur les remparts du Château de Fougères© Y. Gautier

SAMEDI

9h00 : Entrée en matière en douceur

La journée commence à peine. Et vous êtes là pour déconnecter. Alors nul besoin de se précipiter. Prenez votre temps et respirez ! Ça tombe bien, les jardins de la Ballue, reconnus parmi les plus beaux de France et d’Europe, vous tendent les bras. Venez vous perdre dans cet enchevêtrement labyrinthique de parterres et de sculptures végétales. Ici, l’art topiaire a figé le temps pour le plaisir de nos sens… Mais ce n’est pas un lapin blanc avec une montre à gousset que nous voyons là-bas ?! Sans doute court-t-il avec un empressement certain au Musée de l’Horlogerie de Fougères pour découvrir tous les petits secrets des artisans de la mesure du temps.

Et s’il vous reste un peu de temps, rendez-vous aux Roches du Saut-Roland. C’est un site naturel protégé où il fait bon se promener et espérer apercevoir des espèces rares (canche flexueuse, petit rhinolophe, murin à moustaches et murin de Daubenton). Il est dit que c’est ici que Roland, préfet des Marches de Bretagne et neveu de Charlemagne, de retour sur ses terres, après avoir combattu les Sarrazins, traversa le site en 3 bonds de cheval. Le premier fut dédié à Dieu. Le second à la Vierge et le troisième, à sa femme. C’est là qu’il chuta au fond du ravin. Un peu trop impétieux le chevalier !

12h00 : Reprendre des forces à l’ombre des remparts

Question bonnes tables, vous aurez l’embarras du choix. A commencer par le Haute Sève, à Fougères, qui propose une cuisine de terroir aux accords terre et mer. A découvrir également, le dernier né des établissements Larcher : la Maison du sarrasin qui rassemble en un seul et même endroit une crêperie et une boutique d’épicerie fine. Une carte simple et efficace à base de produits locaux majoritairement bios et une vue imprenable. Enfin, si vous passez par Maen Roch, une étape s’impose au restaurant Le Surcouf adossé à l’Hôtel Le lion d’Or, un ancien relais de poste catalogué comme l’une des plus anciennes auberges de France.

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14h00 : 24 jardins sinon rien

Le parc botanique de Haute Bretagne a ceci de particulier qu’il est une invitation à la flânerie et au romantisme. Situé au nord-ouest de Fougères, c’est une véritable mosaïque végétale composée d’une vingtaine de jardins. Une déambulation bucolique et méditative qui vous conduira aux pays des Mille et Une Nuits, en passant par la Cité de Cnossos et le vallon des Poètes, etc. Un enchantement des sens. Les enfants, eux, pourront se dégourdir les jambes dans les labyrinthes et s’amuser à défier le Minotaure. Attention tout de même à ne pas se faire dévorer par une plante carnivore dans le jardin préhistorique !

A ne pas manquer également, la visite du château du Rocher Portail. Désormais ouvert au public, c’est l’occasion de découvrir l’un des plus grands et plus majestueux châteaux de l’ouest de la France dans un style renaissance et l’histoire de son propriétaire, Gilles Ruellan, grand financier, proche d’Henri IV, Marie de Médicis et de Richelieu. A l’intérieur, tout est authentique : les caves, les combles, les chambres de bonne… un vrai voyage dans le temps.

Et si vous avez encore un peu de temps devant vous laissez votre imagination dériver en partant à la recherche des murs en trompe l’œil de Fougères. De mémoire, il y en a 4. Ou alors serait-ce 5 ? Bonne chasse !

22h00 : Deux nuits, deux ambiances

Première alternative : une nuit sur les remparts. Le Mercier de Montigny est un hôtel particulier de 1790. Ici, le temps a suspendu sa course. Et cerise sur le gâteau, la bâtisse cossue surplombe le château médiéval ainsi que la ville basse et la vallée. La vue est donc imprenable sur le château, la place du marché et le Beffroi. Deuxième alternative : les écolodges du domaine du Bois-Guy, avec des chambres luxueuses d’inspiration scandinave situées en plein cœur du parc.

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Dimanche : A moi, la vie de château

Si vous n’avez pas vu le château de Fougères, vous n’avez rien vu ! Il est impensable d’aller à Fougères et de ne pas faire un tour au château. Sans doute la plus grande forteresse médiévale d’Europe encore debout et la mieux conservée de tout le pays ! Pourtant, sa situation ne laissait sans doute pas présager pareille longévité. Avec, au nord, la Normandie possession des rois d’Angleterre et à l’est, l’Anjou et le Maine sous la coupe des rois de France…, le château de Fougères était au coeur de toutes les rivalités et de toutes les luttes entre puissants du Moyen Age. En 1532, le mariage de Claude de Bretagne, fille du duc, et de François 1er roi de France a mis fin aux convoitises. Les marches de Bretagne n’étaient plus un enjeu stratégique. Le château deviendra alors, tour à tour, résidence, prison, musée et même fabrique de chaussures.

A voir donc l’extérieur du château mais également les différentes animations qui retracent son histoire, les contes locaux et la légende de Mélusine. Il y a même une tour (construite par les Lusignans) qui porte son nom !

JULIETTE DROUET, LA « VEUVE » DE L’HOMME DU SIÈCLE

Originaire de Fougères, la comédienne Juliette Drouet est le grand amour de Victor Hugo. Peut-être même son âme soeur ! La seule à obtenir de l’Homme du siècle des « engagements de fidélité ». Juliette le suivra partout, même dans l’exil à Jersey puis à Guernesey, recopiant ses manuscrits, excusant ses incartades.

Leur passion laisse derrière elle près de 20 000 lettres et un aveu d’éternité : « Elle m’a sauvé la vie en décembre 1851. Elle a subi pour moi l’exil. Jamais son âme n’a quitté la mienne. Que ceux qui m’ont aimé l’aiment. Que ceux qui m’ont aimé la respectent. Elle est ma veuve. »

UNE ROSE À L’IMAGE DU DÉPARTEMENT

Mon premier a une robe rose abricot. Mon second est très parfumé. Et mon troisième est feuillu, bien vert et bien lustré… Je suis ? Je suis ?… La rose « Eclat de Haute-Bretagne ».

Créée en 2005 par le pépiniériste liffréen Michel Adam, à la demande du Département d’Ille-et-Vilaine, Eclat de Haute-Bretagne en est rapidement devenu l’un des emblèmes. Lauréate de plusieurs concours, notre amie la rose peut également se targuer d’avoir pour marraine, la comédienne Elsa Zylberstein.

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